RDC : Retour sur le rôle de l’église catholique dans l’alternance politique

RDC : Retour sur le rôle de l’église catholique dans l’alternance politique

16 décembre 2019 0 Par ELAVOX

Dans son discours sur l’état de la nation adressé aux deux chambres du parlement réunies en congrès le vendredi 13 décembre 2019, le président Tshisekedi a félicité l’église catholique pour le rôle important qu’elle a joué dans le processus des élections en RDC.

De plus en plus présente sur le terrain et soutenue par la population, l’église catholique est devenue un acteur incontournable en RDC.

En janvier 2018, c’est le Cardinal Mosengwo alors archevêque de Kinshasa et très présent dans la lutte pour le changement qui s’interroge devant la presse congolaise et internationale contre le régime kabiliste, « le pouvoir pour le pouvoir ou bien le pouvoir pour le développement intégral du peuple dans la paix, la justice et la vérité » ponctue-t-il.

Les tensions deviennent de plus en plus fortes entre le régime en place et l’église catholique qui n’avait pas cessé de demander l’alternance politique.

Toujours en 2018, c’était au cardinal Fridolin Ambongo de prendre le relais, le prelat a eu un passé militant. Nous sommes le 29 juillet 1984 à Bwamanda, actuelle province du Sud-Ubangi, Mobutu est candidat unique à sa réélection. Les Zaïrois n’ont le choix qu’entre deux bulletins : le vert pour le Maréchal Mobutu et le bulletin rouge pour un vote contre. Dans les bureaux de vote, trois étudiants s’exclament, où sont les bulletins rouges ? On ne les voit pas, scandale dans les bureaux, les perturbateurs sont expulsés. Parmi les trois agitateurs, se trouvent le jeune Fridolin Ambongo, âgé de 24 ans.

2016, les congolais se préparent à se rendre aux urnes pour élire un nouveau Président de la République. À moins d’un an de l’élection présidentielle, la Conférence épiscopale de la RDC instaure un comité de surveillance dès janvier 2016, cela en vue d’encourager les initiatives visant à relancer le processus électoral.

Mardi 20 septembre, l’Eglise catholique suspend sa participation au dialogue politique en RDC, au lendemain des violentes manifestations qui ont causé la mort de plusieurs personnes à Kinshasa. Dans un communiqué, la Conférence épiscopale nationale du Congo CENCO mentionne explicitement et pour la première fois que tout accord politique conclu entre les partis congolais devra stipuler que « l’actuel Président de la République (Joseph Kabila) ne sera pas candidat à la prochaine présidentielle »

26 Septembre 2016, le pape Francois reçoit au vatican le président en exercice Joseph Kabila dans un contexte du cycle électoral tendu avec le report de l’organisation des élections en vue.

Le mandat de    Joseph Kabila s’achève logiquement le lundi 19 Décembre 2016, le pays traverse une haute turbulence, la Conférence épiscopale nationale du Congo redouble d’efforts pour l’obtention d’un consensus politique pendant que les scrutins sont improbables à la date prévue.

Le pays a grandement besoin d’un soulagement, au bout de trois semaines d’âpres négociations, l’opposition et le pouvoir se mettent d’accord sur la gestion de la RDC jusqu’aux prochaines élections. Le texte de l’accord est adopté samedi 31 Décembre au soir sous l’égide de l’Eglise catholique au centre interdiocésain de Kinshasa. C’est l’accord dit de la Saint Sylvestre qui prévoit la mise en place d’une transition politique, en attendant l’organisation de l’élection présidentielle et des législatives d’ici à la fin de l’année 2017.

Entre 2017 et fin 2018, l’Eglise Catholique a continuellement manifesté pour l’alternance politique en République Démocratique du Congo, des manifestations débouchant sur des répressions qui ont plusieurs morts.

TEDIZ